27.10.2007

Evasion

Pour changer , je vous propose une nouvelle : EVASION : Evocation d'un livre qui m'a particulièrement touchée.

Elle aussi là .

Aucun bruit, pas encore de néons aveuglants. Ce matin, Maureen est la première. Elle dépose ses affaires, allume son ordinateur et se rend dans la petite pièce préparer le café.

Ce n’est pas un percolateur, juste une cafetière, mais ces gestes la ramènent dans l’ambiance feutrée et électrique de « Chez Phillies » . Maureen l’imagine vaste ce bar, des tabourets hauts confortables, peut-être même en cuir rouge, assortis à la robe de Louise. Sur l’image d’après, ils sont plutôt en bois, un bois de qualité, d’un marron chatoyant. Là, ils correspondent plus à l’inconfort psychologique de Louise.

La cafetière fait entendre ses premières gouttes à gouttes, elle doit retourner à sa place ; Travailler.

Louise et sa complicité non dite avec Ben, le garçon de café : Il entend tout, sait tout mais ne donne jamais son avis, ou si discrètement, un sourire entendu, un regard très attentif, mais rien de plus. Il sait aussi s’éclipser quand il le faut, s’affairer à nettoyer le bar et on fait semblant d’oublier sa présence.

-          Bonjour, Maureen.

Maureen met quelques secondes à lever la tête et à apercevoir le collègue qui la salue. Durant environ trois quarts d’heure, elle va prononcer une vingtaine de « Bonjour », la journée se met en place. Au cours des années, elle a appris à se montrer polie et agréable, même envers ceux qu’elle n’aime pas.

Avec son caractère décrit comme spontané et dénué de rondeurs, Louise aurait été malheureuse et inadaptée à cette vie de bureau où la franchise n’est pas de bon ton. Il faut composer pour survivre.

Elle lit ses mails qui lui dictent les tâches de la journée. A chaque dysfonctionnement ou question sur l’application informatique qu’elle gère, les utilisateurs alertent Maureen par mail, et après avoir diagnostiqué, elle répond, résout. Très peu de vrais contacts humains, le téléphone et les mails sont ses vecteurs de communication.

En comparaison, elle se sent plus proche de Louise, de ses questions sur les hommes, comment aimer sans se faire piéger, comment croire aux mots. Dans son métier, d’auteur de théâtre, Louise sait comment manier, assembler  les mots pour donner l’illusion d’un dialogue vrai.

Des mails sont arrivés dans la boite aux lettres de Maureen, il lui faut abandonner la chaleur moite de « chez Phillies » pour retomber dans la réalité. Les quatre autres collègues de son espace de bureau sont arrivés. Ils s’interpellent sans se déplacer, que ce soit pour leur travail ou pour raconter une anecdote de leur week-end, les téléphones sonnent les uns après les autres. Heureusement, Maureen a la faculté de se concentrer et ne perçoit plus ce brouhaha quasi constant.

Entre deux problèmes à résoudre, Louise revient.

Ce Norman, cet homme marié, de qui Louise n’a rien exigé, lui a promis de quitter sa femme pour elle. Louise fait mine d’y croire mais tente aussi de se protéger d’une déception presque attendue. Louise est pétrie de contradictions. Maureen connaît cet état où une idée contradictoire à celle qu’elle vient d’avoir, afflue dans son cerveau, et où finalement tout se mélange

Ben admire cette jeune femme, belle, digne, artiste. Il voudrait tant la voir heureuse, avec un homme à sa hauteur, qui ne calcule pas pour la rendre amoureuse, qui ne manigance pas pour qu’elle reste, un homme qui la rende heureuse, tout simplement. Mais il n’a aucune influence sur sa vie, il est juste témoin, peut-être parfois miroir, un peu comme un psychanalyste qui, malgré ses silences, son attitude en apparence neutre incite le patient à écouter ses propres paroles et à avancer dans la compréhension de lui-même.

Pierre vient chercher Maureen pour descendre fumer une cigarette. Maureen abandonne Louise sur son tabouret, à siroter son martini.

Enfin un moment agréable, enrichissant. Elle aime discuter avec Pierre, ils échangent leurs idées sur toutes sortes de sujets, ils se racontent des pans de leur vie, s’ils le veulent. Un vrai rapport humain. Bien sûr dehors il fait froid mais c’est ainsi, maintenant les fumeurs sont parqués dans la cour intérieure pour consommer leur vice.

La pause est consumée, il faut remonter. D’autres incidents attendent Maureen mais heureusement, Louise est restée.

Et cet ex qui rapplique, comment Maureen aurait-elle réagi ? Situation délicate. Elle préfère observer comment Louise va accueillir cette nouvelle situation. Inévitablement, les anciennes douleurs refont surface ; n’aurait-elle pas fait le deuil de cette rupture ? Ce silence qu’elle s’est imposée ne ressemblerait-il pas à un déni ? Elle se retrouve coincée, entre ce Norman dont le coup de téléphone la fragilise par rapport à Stephen, la rend vulnérable, privée de la force d’une femme aimée et ce Stephen qui débarque et la met face à des questions qu’elle ne voulait plus se poser.

-          Maureen … Maureen !

-          Oh, oui, … Excuse-moi, j’étais concentrée

Un collègue vient lui poser une question professionnelle … à laquelle elle répond poliment, mais pourquoi la déranger alors qu’elle était si tranquille dans sa tête ! Mais que fait-elle ici, dans ce boulot qui ne lui apporte que de l’argent ?!

            Il veut quoi Stephen ? Il revient vers Louise, juste parce que son mariage a échoué ? Cinq ans après l’avoir quittée, sans élégance, pour une femme qu’elle connaissait, il réapparaît. Et sa souffrance à elle, sa vie actuelle, il en fait quoi ? C’est le même jour que Norman, son compagnon actuel,  choisit pour ne pas tenir sa promesse. Mais finalement, Louise est-elle influencée par le retour de Stephen en annonçant à son amant qu’elle ne veut plus le revoir ? Cette présence lui a-t-elle insufflé une certaine force  par rapport à lui?

Maureen ressent très fort la lassitude de Louise, qui peu à peu, ne trouve plus la force pour lutter contre cet ex qui vient la relancer. Elle baisse les armes. Elle accepte d’être à nouveau troublée par cet homme qu’elle a profondément aimé, elle ne le rejette pas en bloc. Elle leur  laisse le temps, peut-être de se redécouvrir, maintenant que les rancoeurs ont été exprimées sans ambiguïté. Chacun à sa manière a vieilli, ou plutôt grandi.

            Heureusement l’heure tourne et la journée de travail va bientôt s’achever. Maureen va pouvoir s’extraire de ce monde où elle ne trouve pas vraiment sa place. C’est comme un bocal où personne n’est vraiment lui-même et où pourtant chacun est confronté à la nécessite bien réelle de travailler.

Dans l’escalier qui mène à la sortie, elle croise quelqu’un à qui elle lance un « bonsoir » machinal.

-          Maureen !

En se retournant, elle lève les yeux sur Pierre.  

-          Ben, dis donc, tu es absorbée !

Maureen rit d’elle-même et de son repli sur elle-même.

-          Oh, excuse-moi… mais j’ai passé le journée avec Louise … et je suis tellement déçue d’avoir lu la dernière page hier soir !

La littérature est un de leurs sujets de conversation favoris, ils échangent des titres, des impressions, ils se conseillent des livres. Un véritable échange.

-          Oh là là ! C’est vrai que pour ma part, c’est le livre que j’ai préféré de Philippe besson.

-          Moi, il m’a totalement bouleversée ! C’est la deuxième fois que je le lis et à chaque fois, je déplore qu’il soit si court !

-          Bon, et tu sais ce que tu vas lire ce soir ?

-          Ce soir, je ne pourrai rien commencer de nouveau. J’ai besoin de digérer « Arrière saison » encore un peu.

 

18.10.2007

Tiphaine voyage

J'ai écrit ce texte pour l'envoyer aux Editions Millfeuille... Une autre fois peut-etre ?

Maman a dit : « Ce week-end, on change les habitudes ! ». On va à Paris, visiter la Tour Eiffel. Chouette ! Tiphaine est  déjà impatiente

Tiphaine et ses parents arrivent au monument. Sous la tour, beaucoup de monde attend en file indienne.

-          Qui sont tous ces gens, Maman ?

-          Des touristes …. Comme nous.

-          C’est quoi des touristes ?

-          Eh bien, ce sont des personnes, d’autres régions ou d’autres pays qui viennent visiter une ville comme Paris.

-          Et ils attendent, quoi ?

-          De pouvoir prendre l’ascenseur pour grimper tout en haut de la Tour Eiffel …Tu vois, aux 4 coins de ce grand carré, ce sont les 4 pieds de la tour.

-          Les pieds ! Mais ils sont grands comme une maison !

-          Et maintenant, lève la tête.

-          Je ne vois rien … à part cette sorte de chapeau sombre et immense qui recouvre les 4 piliers.

-          Recule, lui conseille Maman.

Tiphaine fait un pas en arrière.

- Encore …. Encore…Encore…Encore…

Enfin la tour toute entière lui apparaît, jusqu’à la pointe.

-          Oh là là ! Elle est si grande ! Si haute ! Elle touche le ciel, Maman ! Et si un nuage s’approche trop, elle va être toute mouillée !

Soudain, son attention est perturbée par un bruit derrière elle. C’est  Raphaël, un petit garçon, assis par terre qui lance des cailloux. Ils se jettent un regard.

Sans aucune  timidité, la petite fille s’avance vers lui.

-          Tu ne regardes pas la Tour Eiffel ?

-          Pfft !

-          Tu as vu comme elle est grande ? Elle a la tête dans les nuages !

-          Elle est moche ! elle ressemble juste à une grue !

-          Non ! Elle est  belle ! Elle a l’air fière, comme un dinosaure au long cou !

Le petit garçon lève les yeux vers elle et semble intéressé par ce qu’elle raconte.

-          Ecoute, hier soir, il faisait noir tout autour et elle, cette grande demoiselle de fer, elle scintillait jusque dans le ciel ! Comme si elle avait mis ses habits de fée ! C’était magique !

Aucun enthousiasme de la part de Raphaël.

-          Dis ! Tu m’écoutes ?

-          Regarde là-bas.

Il pointe son doigt vers la tour. Tiphaine tourne la tête et repère une petite fille, devant un des piliers de la tour. Mathilde leur fait signe de venir.

Tiphaine hésite, ses parents et sa tante contemplent le monument tout en bavardant. Ils ne prêtent pas attention à elle. Hop, elle tire Raphaël par la main, et ensemble, rejoignent la petite fille. Tiphaine : Plus elle est entourée d’enfants, plus elle est heureuse !

-          Venez avec moi, je vais vous montrer quelque chose là-haut.

-          Il y a quoi en haut ? demande Tiphaine.

-          Chut ! Vous verrez bien.

Raphaël se campe sur ses pieds, croise les bras et prend un air fâché.

-          Une malle … une malle remplie de vêtements de l’époque où ils ont construit le Tour Eiffel ! On va pouvoir se déguiser ! leur annonce Mathilde.

-          De qui tu tiens ça ?

-          C’est mon grand frère.

-          Et il est où ?

-          Euh … il est reparti jouer avec ses copains … et moi, je n’ai pas trop envie de monter là-haut toute seule … Alors, vous venez ?

Raphaël et Tiphaine s’interrogent du regard, mais l’idée de s’amuser avec des habits d’une autre époque les réjouit.

-          Par où on y va ? demande Raphaël.

-          Je connais un raccourci pour grimper là-haut, explique Mathilde.

Ils se faufilent dans la longue file d’attente pour monter Ils regardent par terre en essayant d’oublier qu’ils font une grosse bêtise ! Avec ruse, Mathilde les emmène jusqu’à l’ascenseur et leur chuchote de se taire pendant le trajet. Surtout, ne pas se faire remarquer.

Ils parviennent sans encombre au sommet, mais leur cœur bat plus vite que d’ordinaire.

Chacun part dans une direction différente. Tout en vérifiant partout, dans coin et recoin, Tiphaine espère que c’est elle qui découvrira le coffre la première. Elle choisira la robe avec le tissu le plus doux et le plus lumineux. Elle glissera ses pieds fins dans des chaussures assorties, décorés de brillants. Elle sera la princesse la plus jolie.

Raphaël, lui rêve de porter le costume de Monsieur Eiffel. Il prendra un air important et réfléchira à la construction de l’édifice. Il bâtira d’autres tours dans le monde entier !.

Quant à Mathilde, elle cherchera les colliers dorés,  ceux qui brillent le plus, les bracelets les plus lourds. En marchant, elle écoutera leur cliquetis.

-          Je n’ai rien trouvé ! crie Raphaël.

-          Moi non plus répond Tiphaine.

-          Moi non plus, chuchote Mathilde.

-          Dis donc, Je crois bien que ton frère t’a fait une blague 

Les trois enfants sont très déçus. Mathilde se sent un peu honteuse de les avoir amenés ici, pour rien.

-          Venez voir, venez voir ! s’écrie Tiphaine.

A force de garder les yeux rivés au sol pour chercher la malle, aucun des enfants n’a pensé à observer à travers les croisillons de la tour. Elle vient de découvrir  le paysage que lui offre la hauteur.

-  Comme c’est beau ! On domine tout  Paris et même au-delà !

Raphaël s’approche et reste bouche bée.

- On dirait des jouets tellement tout est minuscule d’ici ! Regarde, je tends la main, je prends quelques voitures et je les déplace où je veux. Quel magnifique circuit de voiture !

- Moi, je repeints toutes ces maisons un peu tristounettes, en rouge, jaune ou bleu ! Et tous les monuments en dorés avec des pierres précieuses pour qu’ils brillent la nuit !

Tiphaine est en admiration devant ce panorama époustouflant du haut de la Tour eiffel. Mathilde, elle, n’a pas l’air intéressée. Elle reste en recul.

-          Viens Mathilde ! propose Tiphaine, toujours enthousiaste.

-          Oh, ce grand zoo, là-bas …moi, j’ouvrirais les cages et à la place, j’y mettrais les grands frères qui se moquent de leur petite sœur …s’exclame Mathilde.

Les trois enfants rient de bon cœur ensemble

-          Allez, on redescend ? S’impatiente Mathilde.

-          Encore un peu, s’il te plait ! Je profite du paysage ! Je photographie tout avec mes yeux ! C’est trop beau !

Pendant la redescente, les enfants restent silencieux. Ils ont oublié leur déception de ne pas avoir déniché la caisse aux vêtements. Ils rêvent encore à ce trésor inattendu  et impressionnant qu’ils ont pu contempler de là-haut.

-          Tiphaine ! Tiphaine !

Au loin, ses parents l’appellent et courent vers elle.

-          On te cherchait partout, où étais-tu ?

-          Euh … (Elle jette un coup d’œil à ses deux compagnons), on jouait aux voitures, Maman.

 

13.10.2007

Quel petit monstre !

Dans le cadre d'un projet sur les monstres sur le forum de Della, un texte illustré par Illiki. en voici un extrait :

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Ce soir, les parents de Ludovic sortent. C’est Irène, une baby-sitter qui vient le garder.

A son arrivée, elle va saluer Ludovic dans son bain.

- Bonjour, Ludovic. Je suis Irène, c’est moi qui reste avec toi, ce soir.

Il lui tourne le dos et ne répond pas. Elle s’assoit tout près de la baignoire et lui parle gentiment. Ludovic continue à bouder.

-          Bon, je te laisse prendre ton bain, je vais préparer le repas.

Pas de réponse. Irène s’en va.

Tout à coup, des hurlements la font sursauter. « Je veux sortir ! Je veux sortir ! ».

Irène pousse la porte de la salle de bain, et s’arrête net. Devant la baignoire, une énorme flaque d’eau a trempé le tapis de bain.

Quel petit monstre ! pense-t-elle.

-          Mais qu’est-ce que tu as fait ?

-          Oh, ce n’est pas moi ! C’est mon dinosaure.

-          Grrrrrrrrrrr ! Mais …

-          Ce n’est pas de sa faute, il avait peur !

La baby-sitter part dans la cuisine à la recherche d’une serpillière.

-          Allez, ouste ! file dans la cuisine.

Irène finit de nettoyer quand elle entend un bruit de bris de verre.

Dans la cuisine, Ludovic court autour de la table en criant « Houhou ! Houhou ! », son doudou à la main.

-          Ludovic !

Quel petit monstre ! pense-t-elle.

-          Mais qu’est-ce que tu as fait ?

-          Oh, ce n’est pas moi ! C’est Justin, mon Doudou. Il est poursuivi par des indiens !

Des morceaux de verre sont éparpillés le sol. 

-          Sors de là, tu risques de te couper en plus !

Elle ramasse les débris.

-          Allez, on mange.

Le garçonnet revient en traînant les pieds.

-          J’veux pas manger !

-          Ta maman a préparé ton plat préféré, explique Irène encore calmement.

-          J’ai pas faim !

Il s’assoit à contre cœur et commence à dessiner des formes dans sa purée. Et tout à coup, l’air de rien, il se met à taper très fort dans son assiette à l’aide de sa fourchette et de sa cuillère. Splaff !

Des pommes de terre giclent sur le visage d’Irène et sur le pyjama de Justin.

Quel petit monstre ! pense-t-elle.

-          Mais qu’est-ce que tu as fait ?

-          Elle n’est pas bonne ta purée !lui répondit-il, le regard noir.

Irène se lève, un peu découragée par tant d'obstination dans les bêtises. Elle  prend l’éponge, s’apprête à nettoyer … puis stoppe son mouvement. Elle repose l’éponge et se rassoit, face à Ludovic.

-          Tu sais … je crois qu’on ne va pas du tout s’entendre, tous les deux.

Ludovic l’écoute, sans broncher.

-          Tu sais, je comprends que tu aies juste du chagrin. Tes parents sont sortis sans toi, et tu es triste… allez, viens, amène moi dans ta chambre, je vais te lire une jolie histoire, dans le calme. Tu es d’accord ?

Irène lui tend la main. Ludovic ne bouge pas. Il lève les yeux vers ce visage souriant, paisible et bienveillant.

Des secondes interminables s’écoulent.

Finalement, il se lève et cours vers sa chambre. Irène se prend au jeu et le poursuit.

Arrivé le premier, l’enfant choisit un livre. Ils s’installent tous les deux par terre et la lecture commence.

Peu à peu, Ludovic se calme et se laisse emporter par la lecture vivante d’Irène. .......................

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12.10.2007

Me voilà !

Une histoire pour tous petits, la premiere !

C’est le plus beau jour de ma vie. Un Papa vient de me choisir pour rejoindre un bébé. Je commençais à m’ennuyer un peu dans cette vitrine.

Dès que j’arrive dans ma nouvelle maison, Papa m’emmène dans la chambre de Bébé. Comme il est mignon ! Oh … mais je ne suis pas le 1er ! D’autres peluches sont déjà autour de Bébé ! Ils me jettent un regard mécontent. J’espère que Bébé me trouvera beau : Je suis un gentil chien avec de longues oreilles tombantes et de petits yeux noirs très tendres. Grâce à ma peau de velours, je pourrai lui faire els plus gros câlins du monde ! Je serai tellement doux que c’est Moi, qui vais devenir son Doudou ! Papa m’installe dans le berceau. Bébé est encore petit. Le plus important pour lui, c’est de découvrir ce qui l’entoure, et de se sentir aimé par Maman et Papa. 

Il dort beaucoup ! Cela me donne le temps d’apprendre à le connaître. Je l’observe, il est si mignon, plongé dans ses rêves paisibles.

 Souvent quand il se réveille, il pleure. C’est qu’il ne parle pas encore, alors Papa et Maman doivent deviner ce dont il a besoin.

- Pourquoi Bébé pleure ?

Il pleure quand devient urgent de lui changer sa couche. Oh, c’est un moment important, pour lui parler, lui faire des caresses.

Pourquoi Bébé pleure ?

Il pleure quand il a faim. Pour l’instant, il ne boit que du lait. Si Maman lui donne le sein, c’est elle qui lui donne à manger, sinon Papa peut lui donner le biberon aussi.

C’est un grand moment de partage et de tendresse.

Pourquoi Bébé pleure ?

Il pleure quand on le déshabille pour lui donner le bain. C’est qu’il fait froid tout nu, Brrr ! Mais, tu vois, dès que son corps baigne dans l’eau tiède, il se calme et il est tout content. Il aime cette douce chaleur, le contact de l’eau. Il peut jouer à éclabousser Maman.

Entre 2 biberons, c’est la promenade.

J’ai de la chance, Papa a eut l’idée de me placer dans le landau !

Peu à peu, Bébé découvre son quartier, de nouvelles choses à regarder, de nouvelles odeurs. Il adore ça !

- Et moi alors ? Il me regarde à peine. Je ne peux pas encore lui faire de gros câlins ni le consoler de ses peines. Je dois attendre qu’il grandisse pour qu’il s’intéresse à moi.

Mais, je l’aime déjà tant ce Bébé !

 

10.10.2007

Enquête de Pic-Pic

Encore un texte inspiré par une illustration trouvée sur la maison du Croqmithène où vous verrez de nombreux beaux dessins.  L'illustration qui suit est de MAX, malheureusement, son blog ne fonctionne plus, pour l'instant.

d073f2793c90470e65ad3ba27bf10f87.jpgUn extrait :

PicPic trottine à la recherche de graines. Ce n’est pas encore le printemps et pourtant, il fait beau aujourd’hui. Il trouve par ci par là, de quoi se nourrir. Il picore tout en avançant quand tout à coup :

-         Aie !!

Il vient de se cogner à une boule toute piquante.

-         Mais c’est quoi ce truc tout piquant, s’écrie-t-il ?

Il se recule, et observe cette chose toute ronde et hérissée de pics. Peu à peu la boule s’étire et une petite tête sort.

-         Il faut regarder devant soi quand on marche, cela évite bien des soucis, Monsieur. Hum !

-         Mais … mais tu es un hérisson !

Kampi le hérisson hausse les épaules. PicPic fonce les sourcils et lui dit :

-         Mais …mais tu ne devrais pas être dehors !

Kampi n’est pas très content de cette réflexion.

-         Non, mais, pour qui tu te prends … espèce …. De poussin raté !

-         Tu … tu te  moques de ma couleur …. Comme tout le monde !

Kampi qui est habituellement un compagnon doux et agréable, regrette immédiatement ses paroles.

-         Pardon … Bon, si on reprenait tout à zéro, hein ?

PicPic boude quelques instants, puis :

-         Bon, d’accord, je commence. Je suis PicPic, un poussin orange et en plus je ne grandis pas. Je ne deviendrai jamais un beau coq ! Je resterai toujours petit.

-         Moi, je suis Kampi le hérisson.  Et comme tu as pu remarquer, je ne devrais pas être dehors. J’hiberne et ce n’est pas encore le printemps.

-         Ben alors, pourquoi tu ne dors plus ?

-         C’est à cause de ma sœur lui répondit-il d’un air mystérieux

Kampi lui explique alors que cet hiver, sa sœur a décidé de se cacher sous un tas de bois qu’elle ne connaissait pas, malgré les mises en garde de son frère. Et malheureusement le bois a été enlevé avant la fin de l’hiver.

-         Et elle s’est retrouvée sans toit, dehors, encore toute engourdie par son long sommeil !?

-         Oui ! Elle s’est éloignée sans m’avertir. .. Et maintenant, je me fais du souci, elle est affaiblie par ce long sommeil, elle ne va rien trouver à manger et risque de se perdre.

-         Allez, on va la chercher ensemble ta sœur. C’est quoi son prénom ?

-         Rosalie.

-         Et tu sais vers où elle est partie ?

-         Euh … non.

-         Bon, bon, réfléchissons.

PicPic tourne sur lui-même, il se concentre. Il arrête son manège, il a une idée. Il ramasse quatre longues brindilles. Il les pose devant lui. Il en prend une qu’il allonge dans le sens où ils vont commencer leur recherche.

-         Voilà, comme ça, quand on reviendra, on saura vers où nous diriger.

Kampi est admiratif devant tant de bon sens.

Les deux compères s’en vont.

Au bout de quelques minutes de marche, Kampi s’exclame :

-         Non, ce n’est pas possible qu’elle soit partie par là. Il n’y a pas d’arbres, pas d’ombre. Non, non.

Ils rebroussent chemin jusqu’aux brindilles ; Ils en allongent une deuxième et prennent un nouveau sentier.

Ils repartent. Ils marchent lentement. ....................

 

09.10.2007

Histoire de Sorcière

Comme souvent, mon inspiration démarre sur une illustration. Celle là est de Barbouille & Pinceaux . Je n'ai pas trouvé de titre pour ce texte !

289e53e7b5f6808e65864ae8414b7d45.jpgVoici un extrait :

Non, non ce n’est pas juste ! Je voulais aller avec elles ! Et je dois rester là, toute seule à remuer son espèce de soupe ! Mais, chut ! Ne lui répétez pas que j’ai dit « soupe », elle serait très en colère ! Je dois surveiller sa potion.

Chaque été, ma grand-mère Rosina garde toutes ses petites filles. Elle veut faire notre éducation de sorcière. Toute l’année, je vis tout a fait normalement et quand l’été arrive, je sais que je vais passer 2 mois différents.

Tout d’abord, Rosina … attention, ne pas prononcer le mot de Mamie, elle déteste, elle affirme qu’elle est restée très jeune grâce à ses secrets ; Sauf, que moi, je trouve qu’elle ressemble à une grand-mère.

Ses longs cheveux frisés sont gris, …, sauf quand elle décide de les teindre, mais ses couleurs ne tiennent jamais sur ses cheveux ! Les anciennes couleurs ressurgissent, ce qui lui fait une chevelure bariolée !

Rosina habite au milieu de la forêt et personne ne connaît vraiment le chemin. Lorsqu’on va chez elle, Innoce, le nain vient nous chercher en carriole, menée par deux ânes. Ils partent au petit trot, s’enfoncent de plus en plus dans la forêt.  Je reconnais le champignon géant sur la droite. Je veux rester très attentive, mais à chaque fois c’est la même chose, on s’assoupit ; Et quand on ouvre les yeux, la calèche est arrêtée et Innoce descend nos bagages ; Il nous sourit. Je ne l’ai jamais entendu prononcer une parole, pourtant je suis sûr qu’il n’est pas muet. Ce doit être encore un coup de ma grand-mère pour qu’il ne nous révèle pas ses secrets !

On entre dans la maison, par une toute petite porte creusée dans le tronc d’un arbre, un très bel arbre, aux branches épaisses et tortueuses. Vue de l’extérieur, on imagine que l’habitation va être minuscule. Pas du tout ! Il y a au contraire un grand nombre de pièces dont certaines sont interdites, et plusieurs escaliers en colimaçon.

Ma grand-mère a plus d’un tour dans son sac !

Mais je ne vous ai pas parlé de mes cousines !

Tout d’abord, il faut que je vous dise, nous sommes toutes les quatre nées la même année, le même mois, chacune à un jour d’intervalle.

Margarita : C’est la plus âgée, la plus grande. Elle est maigre, mange très peu. Avec ses cheveux bruns coupés très court, elle ressemble un peu à un garçon. En plus, elle croit tout savoir ! Parfois elle m’énerve et je la rendrais bien muette, si je savais faire …

Vient ensuite Electrica. Physiquement, elle n’a aucune particularité. Par contre, elle bouge tout le temps. Elle adore grimper aux arbres, courir, nager. Elle est très gentille avec Grand-mère car elle voudrait qu’elle lui concocte une potion pour lui faire gagner ses compétitions de natation.

La troisième, c’est Fleur. C’est la plus douce et la plus calme. Elle lit des tas de bouquins sur les plantes, aide Grand-mère à la cueillette des végétaux pour la fabrication de ses breuvages. Elle a hâte de grandir pour devenir une vraie sorcière. Ses jolis cheveux blonds tout raides, ses yeux noisette presque jaunes les jours de soleil, augmentent son air candide.

Et puis, il y a moi, Lilou. Mes cheveux sont roux,  très longs, la plupart de temps attachés dans une natte et plaisent beaucoup à Grand-mère. Chaque jour, au moins une fois, elle passe ses mains dans les cheveux, devient romantique quelques secondes pour affirmer que cette chevelure provient de mon grand-père, que je n’ai pas connu. Moi, je ne veux pas devenir une sorcière, je rêve d’être une fée ! Une jolie fée avec une belle robe bleu ciel et surtout avec une baguette magique dorée. Un baguette magique pour rendre aux enfants malheureux le sourire qu’ils ont perdus, pour faire pousser les fleurs très haut, pour que ce soit toujours le printemps, jamais l’hiver où les arbres sont tous nus et tristes, et moi j’ai froid.

Mais je serais une fée discrète, je ne porterais ma jolie robe que la nuit quand les autres dorment et le matin, je redeviendrais comme mes camarades de classe ;  et je pourrais jouer avec elle sans craindre que mes pouvoirs ne se réveillent et sèment la zizanie.

Car être différente, c’est être seule.

La semaine dernière, dans la cour, à la récréation, je jouais au ballon avec des copines. Je n’avais jamais le ballon. Peu à peu, je sentais la colère monter en moi et tout à coup, sans le vouloir, le ballon est venu à mes pieds alors qu’une autre allait l’attraper ! Après quelques secondes de stupeur, elles se sont toutes mises contre moi et n’ont plus voulu jouer avec moi !

L’été chez Grand-mère c’est la maîtrise de mes pouvoirs que je viens apprendre pour ne pas devenir une sorcière malgré moi.

Mes cousines, elles, ne pensent qu’à apprendre des tours à faire ! Par exemple, à sa dernière compétition de natation, Electrica a gagné,…, la concurrente juste devant elle a bu la tasse  tout d’un coup, à quelques mètres de l’arrivée … ce n’est pas juste.

Ce matin, Fleur a ramassé de nombreuses plantes pour grand-mère.  Elle, tuait un serpent et un crapaud. Brrr !!! Elle a prononcé quelques paroles magiques, encore incompréhensibles pour nous puis nous a autorisées à jeter tous le$ ingrédients dans le chaudron. Et on a commencé à remuer. Toutes ensemble, on riait bien ! Bien sur on a questionné Grand-mère sur l’usage de ce breuvage mais elle a refusé de nous dévoiler son secret.

Au dîner, elle nous a annoncé qu’elle devait rendre visite à un sorcier voisin mais que l’une d’entre nous devrait rester pour remuer et surveiller sa soupe.

Alors, avec son air malicieux, elle a sorti des pièces de monnaie, enfin, des objets qui ressemblaient à des pièces de monnaie. Dès qu’on a eut la notre dans la main, notre visage est apparu sur une face, comme un miroir. Nous devions chacune lancer notre pièce  et celles qui tombaient coté face – là où on voyait le visage - désignaient celles  qui iraient avec Rosina. Et au premier jet, une seule pièce est tombée coté pile … la mienne ! J’ai donc été désignée pour la corvée !

Je la connais ma grand-mère, je suis sûre qu’elle a tout fait pour que le choix puisse être pris en un seul tour.

Me voilà donc, tout seule, dans la nuit, à surveiller ce chaudron alors que mes cousines s’amusent !

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Mon Papa, il est super !

Au moment du Projet 3, j'avais choisi une illustration de Bidouille, j'ai commencé à écrire un texte . Malheureusement j'ai interprété ce dessin à l'oposé de ce qu'avait voulu dire l'illustratrice. Nous n'avons pas travaillé ensemble. Malgré tout, j'ai terminé mon histoire . Je vous montre le dessin et le texte .

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Mon Papa, il est super !

D’abord, mon Papa, il est drôlement beau. Il a des yeux et des cheveux tout noirs, comme ma panthère, et un nez tout pointu, comme mon renard.

Et puis, mon Papa, il m’aime, il me gronde très peu et il m’emmène tout le temps avec lui.

Mon Papa, il adore les voitures. Souvent, il participe à des courses et maintenant que je suis grande, je peux l’accompagner.

Plusieurs semaines avant, il prépare son bolide avec beaucoup de soin. Maman n’est pas très contente qu’il passe tant de temps dans son garage, mais moi, j’aime bien rester avec lui. Je suis attentive à tout ce qu’il fait, je l’aide bien, je lui passe les outils qui ont tous un nom, mais je ne les reconnais pas encore tous, moi !

Il ouvre le ventre de l’auto, c’est là où se trouve le moteur. Papa m’a expliqué que sans moteur, on n’avance pas. Il enlève des pièces, les répare, puis les remet en place. Il vérifie les pneus aussi, c’est un peu comme nos chaussures à nous. Après, il a les ongles tous sales. Maman le gronde gentiment.

Dans le garage, Papa a installé des tas d’étagères pour ses outils et aussi des boites transparentes avec des étiquettes, remplies de morceaux de ses anciennes voitures et d’autres trucs. Il dit qu’un jour, ça servira.

Comme je suis sa Princesse, il a repeint sa voiture avec mes couleurs préférées : le rose et le mauve. Le jour de la course, j’ai mis mon beau pull de la même couleur que la voiture et même mon Lapinou, rose pâle était assorti ! Il est super mon, Papa !

J’étais drôlement contente pendant la course dans notre belle voiture, derrière Papa. Je criais de joie « Mon Papa, il est super ! ». Le vent faisait voler le drapeau et mes nattes. J’étais heureuse et drôlement fière de mon Papa !

Quand on a franchit la ligne d’arrivée, tout le monde nous applaudissait, quelle fête !

Cette fois-ci on n’a pas gagné la course, mais Papa m’a promis que la prochaine fois, je pourrai revenir avec lui !

Mon papa, il est super !

 

 

08.10.2007

C'est pas mon copain !

Un texte illustré par ELSA , mais dont je n'ai plus de nouvelles et j'ignore si elle a un site ou un blog.

Un extrait du texte :

Deux jeunes grenouilles, Reine et Margoulette, reviennent de l’école. Elles  se chuchotent des secrets.

Tout à coup, Reine pousse Margoulette sur le coté .Elles glissent toutes les deux dans la rivière. SPLOUF!

-          T’es folle ou quoi ?!

-          Tais-toi ! lui répond Reine.

A ce moment, passe un crapaud assez fort, sur un vélo.

Reine a l’air inquiète.

Maintenant que le crapaud est loin :

-          Voilà, on peut sortir Margoulette.

-          Mais qu’est-ce qui t’a pris ? lui demande-t-elle.

Reine ne répond pas.

-          Reine ?

-          Oui ?

-          Alors ?

-          Oh … je ne voulais pas le voir.

-          Pourquoi ? …Mais tu trembles, il te fait peur ?

-          Non,…, non, non, pas du tout. Je ne voulais pas lui parler, il est méchant !

-          Il t ‘a embêtée ? 

Reine ne dit plus rien et deux grosses larmes coulent sur ses joues.

-          Il est méchant ! C’est pas mon copain.

-          Allez, raconte-moi.

-          Hier, il m’a poussée et m’a fait tomber ! Il l’a fait exprès !

Elle éclate en sanglots.

-          A la récréation ?

-          Oui.

-          Et maintenant, tu as peur ?

-          Un peu.

-          Et c’est désagréable d’avoir peur.

-          Oh oui, dit-elle en reniflant.

-          Et tu n’as pas une idée pour ne plus avoir peur ?

-          Une idée ?

-          Ecoute, je crois que j’en ai une : Parfois, tu joues à faire semblant ? Semblant d’être triste ou d’avoir peur. Je t’ai déjà vue faire semblant d’être très gaie et éclater de rire !

Reine sourit. Elle sait en effet très bien jouer à faire semblant avec ses petits camarades.

-          Oh oui !

-          Eh bien, quand tu croiseras ce vilain crapaud, si tu faisais semblant de ne pas avoir peur ?

-          Comme un jeu ?

-          Oui, comme un jeu.

-          Ah ?!

-          Lui, il a bien joué à être le plus fort ?

-          Oui, mais ….

Reine écoute Margoulette et ne sait plus quoi dire. Margoulette lui pose une patte sur son épaule et lui dit :

-          Allez, va, ne t’inquiète pas. La vie en groupe n’est pas toujours facile, hein ? …

Pas de réponse. Reine réfléchit.

.....................

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07.10.2007

Projet : Les Monstres : Aout 2006 : Un monstre à bisous

Une histoire illustrée par Jill.C 

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Chaque jour, Amandine rentre de l’école en traversant le bois. Il fait beau, c’est le printemps. Elle ramasse quelques fleurs à peine écloses. Elle pourra ainsi offrir un joli bouquet à sa maman.

Tout à coup, un bruit sourd attire son attention. Un bruit qui grandit, qui approche. Elle lève la tête et aperçoit au loin une boule qui roule vers elle. Sur son passage, les oiseaux s’envolent, les fleurs se couchent, l’herbe plie.  Plus cette chose approche, plus elle semble grossir et Amandine est de plus en plus inquiète, affolée. La boule avance, Amandine recule.

Au même moment, la petite fille se cogne contre un gros tronc d’arbre et la boule stoppe sa course. Toutes les deux se retrouvent l’une en face de l’autre.

Amandine observe cette chose, avec des yeux tous ronds d’étonnement. Elle découvre une sorte de … Une boule de couleur beige, coiffée d’une autre boule plus petite comme un visage, deux bras et deux jambes très courtes.

-         Bonjour, petite fille.

Apeurée, Amandine se réfugie derrière l’arbre.

-         Bon … bonjour… balbutie Amandine

-         Je m’appelle Calinette… N’aies pas peur !

-         Mais tu es monstrueuse ! crie la fillette.

Calinette ne trouve pas le courage de répondre. Elle baisse la tête et ne peut retenir ses larmes. Et plus elle pleure, plus elle enfle. Entre deux sanglots elle réussit à protester:

- Ce n’est pas vrai ! Je ne suis pas un monstre ! Je suis triste, c’est tout. .. je suis une petite fille, comme toi.

-         Je n’ai jamais vu de petite fille comme toi !

-         Je suis juste un peu ronde … parfois … mais je ne suis pas comme ça tous les jours !

-         Tu dis n’importe quoi !

-         Non ! Je gonfle seulement les jours où Maman part au travail sans me faire de bisous parce que je dors. Seulement les jours où elle n’a pas le temps de m’embrasser, de me cajoler. Alors, j’ai de la peine et je m’arrondis. Je suis en manque de bisous ! Maman dit que je suis un monstre à bisous !

Rassurée par ces explications, Amandine sort de sa cachette. Elle n’a plus peur maintenant. Quelques larmes coulent même sur ses joues. Elle est émue par le chagrin de Calinette. Elle avance d’un pas, encore un et se retrouve tout près d’elle. Elle l’entoure de ses bras, la serre fort et lui dépose un bisou sur chaque joue.

A cet instant, Calinette se met à fondre, fondre. Elle n’est plus en forme de rond, mais d’ovale. Peu à peu, son corps s’allonge, ses courbes s’estompent, elle mincit. Elle ressemble maintenant à une petite fille toute menue, comme Amandine. Calinette se sent bien, heureuse, aimée.

- Accompagnes-moi, nous goûterons toutes les deux à la maison, propose Amandine.

Sur le chemin, elles cueillent les fleurs qu’elles préfèrent. Ainsi, elles auront chacune un bouquet pour leur maman.

-         Tu sais, je suis sûre que ta Maman t’aime très fort. Demande lui de te faire un bisou  le matin avant de partir, même si tu dors. Ainsi, tu pourras faire des provisions de bisous. Peut-être n’ose-t-elle pas, de peur de te réveiller, propose Amandine.

Le lendemain, elles se retrouvent sur le chemin. Calinette affiche un beau sourire et n’a pas gonflée ce matin. Avant même qu’Amandine ait eut le temps de lui dire bonjour, Calinette lui raconte :

-         Avant de partir, Maman est entrée dans ma chambre à pas de velours et m’a fait un gros câlin avec plein de bisous et de caresses !

Depuis ce jour, ces deux là sont devenues amies. Et dès que Calinette devient triste, Amandine la serre dans ses bras, la console et l’enveloppe de tendresse.

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Projet : Le temps

Ce projet a été initié sur le forum de Della et illustré par Laure.

LA FEE PELUCHE  : Un extrait.

-          Non ! Je suis grande maintenant, je veux rester avec vous … oh ! S’il te plait.

Papa et Maman reçoivent des amis ce soir. Pourquoi, eux ont-ils le droit de rester s’amuser dans le salon et pas moi ?

Sa maman lui répète souvent qu’elle est grande, mais pas ce soir.

A contre cœur, elle va se coucher.

Dès que sa mère a fermé la porte, elle s’assoit sur son lit. Grâce à la veilleuse, elle distingue tous ses jouets et ses peluches. Ils sont bien silencieux, c’est pas drôle.

Tout à coup, une petite voix attire son attention :

-          Lucille, Lucille !

La petite fille balaye sa chambre du regard et s’arrête sur une marmotte en peluche, usée et oubliée. Un halo de lumière l’éclaire.

-          C’est toi qui m’as appelée ? demande Lucille.

-          Oui répondit la marmotte d’un air malicieux. Je crois que tu n’as pas envie de dormir.

-          Non ! Et je n’ai pas le droit de rester dans le salon, se plaint-elle.

-          Tu veux que je t’emmène jouer ?

-          Oh oui ! Mais …

Avant que Lucille n’ait eut le temps de terminer sa phrase, elle entend la peluche marmonner des paroles incompréhensibles, et  

-          Oh !

La peluche s’est transformée en une jolie fée miniature, vêtue d’une magnifique robe bleu couleur ciel. Un élégant chapeau pointu recouvre sa tête et elle tient à la main une baguette qui scintille. Lucille n’arrive plus à prononcer une seule parole. Elle est éblouie par ces vêtements magnifiques dont elle rêve pour elle en secret.

- Ne t’inquiète pas, ta Maman ne s’apercevra pas de ton absence. Je suspends le temps.

La petite file détourne la tête vers son réveil et constate que la queue du lapin qui décompte les secondes s’est arrêtée.

- Tu es prête ?

La petite fille opine de la tête.

Quelques coups de baguette magique, et hop, la fée et Lucille se retrouvent dans une bulle transparente, dans la nuit. Elles montent vers le ciel au milieu des étoiles. Sa maison diminue au fur et à mesure que la bulle s’élève. Et toutes les autres aussi. De plus en plus, les lumières des habitations deviennent aussi minuscules que des étoiles. C’est amusant et c’est impressionnant !

-          Ce que tu découvres, Lucille, tu ne devras le raconter à personne, c’est notre secret.

-          Attention, atterrissage, annonce la fée.

Elles débarquent sur un nuage, tout blanc, tout doux. Et … oh ! le sol est tapissé de nombreux jouets, rien que pour elle. Jamais elle n’en a vus autant. Mais ce qui l’attire encore plus, c’est la bibliothèque transparente tout au fond, avec ces livres qui flottent.

-          Oh, des histoires !

-          Tu veux que je t’en lise ?

.....

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